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L'ancien cadastre dit "napoléonien"
Napoléon 1er a joué un rôle fondamental dans l'histoire de la cartographie
française. C'est lui qui a donné l'impulsion initiale et nécessaire à deux
grandes entreprises d'envergure nationale, à savoir la confection d'un cadastre
parcellaire et celle de la Carte d'Etat-Major, réalisée au 1/80000ème entre 1832
et 1880.
Si la première entreprise avait pour but de préciser la connaissance précise des
propriétés foncières en vue d'une meilleure répartition de l'impôt, la seconde
permettait une connaissance complète du territoire national dans ses 3
dimensions, avec toutes les routes et tous les chemins que peut utiliser une
armée en mouvement. En effet, les guerres de la Révolution et de l'Empire ont
donné aux cartes un rôle primordial, à tel point que les documents
cartographiques étaient de véritables trésors de guerre qu'il fallait à tout
prix protéger contre la convoitise des ennemis.
"Les demi-mesures font toujours perdre du temps et
de l'argent. Le seul moyen de sortir d'embarras est de faire procéder sur le
champ au dénombrement général des terres, dans toutes les communes de l'Empire,
avec arpentage et évaluation de chaque parcelle de propriété. Un bon cadastre
parcellaire sera le complément de mon code, en ce qui concerne la possession du
sol. Il faut que les plans soient assez exacts et assez développés pour servir à
fixer les limites de propriété et empêcher les procès."
C'est en ces termes qu'en juillet 1807 l'Empereur Napoléon Ier déclare à son
ministre du Trésor, Mollien, son intention et sa volonté de mettre en place un
cadastre parcellaire. L'Empereur place d'emblée la barre très haut : le cadastre
doit être le complément du Code Civil et doit constituer la garantie de la
propriété individuelle. On rapporte aussi ces propos de l'Empereur :
"Ce qui caractérise le mieux le droit de propriété,
c'est la possession paisible et avouée. Il faut que le cadastre se borne à
constater cette possession. Mon code fera le reste; et à la seconde génération,
il n'y aura plus de procès pour contestation de limites."
Ce plus ancien cadastre de Saint Denis de Méré (en couleurs) date de 1828.

Il révèle parfaitement la nécessité de procéder régulièrement à
des opérations de remembrement : au fil des générations successives et des
partages lors des héritages (familles nombreuses majoritairement du milieu
agricole), les propriétés se trouvaient de plus en plus morcelées, avec des
champs parfois très petits d'exploitation difficile. Les remembrements
permettaient alors de recréer des unités foncières cohérentes.
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